Biard

Bien que l’Histoire ai depuis toujours préféré n’en retenir que les cicatrices, Biard apparaît par certains aspects de son patrimoine, comme  incontournable. Ne serait-ce déjà que pour se souvenir un instant des heures sombres qui émaillèrent de rouge-sang la Vienne (86) durant la première moitié de XXe siècle .

Située dans la proche périphérie de Poitiers (…). Un temps rattachée à Vouneuil-sous-Biard du fait de la faible densité de sa population; la commune verra le nombre de ses habitants  quasiment décupler en un peu moins d’un siècle. Passant de 139 âmes, à plus 1050 au cours du XIXe siècle.

Une expansion essentiellement dûe à l’installation sur ses terres d’une filature qui emploiera au plus fort de son activité jusqu’à 650 personnes.

Avec à ce jour plus de 1700 Biardois et Biardoises recensés; celle qui tire son nom de « Bégard (Verger)» ne parait guère souffrir du paradoxe qui lui  vaut d’avoir réussit à placer sur à peine plus de 7 km2 (un verger à peine plus grand qu’un mouchoir de poche), un véritable inventaire à la Prévert (…)

Un centre bourg, un terrain militaire, un aéroport international, un tronçon d’autoroute, une ligne de train à grande vitesse (LGV Paris-Bordeaux), une rocade 2×2 voie, une zone industrielle, divers lotissements et espaces commerciaux.

La quote-part  disponible, essentiellement composé de falaises ou vallées escarpées, ayant pu être préservé grâce à l’inscription de la vallée de la Boivre à un second inventaire; celui dédié à la préservation des sites naturels.

Des sites au rang desquels citons pour ce qu’elles ont de remarquables par leurs concrétions, cascades pétrifiées et autres stalagmites, (…) les grottes dites « de la Norée » ; avec leurs 6 salles magnifiquement préservées et plus de 150m de galeries ouvertes au public sur un total de 630m aujourd’hui recensés.

Citons enfin pour ce qu’il a d’essentiel au titre de témoignage des blessures infligées à l’histoire de la commune:

  • Le monument aux fusillés élevé en mémoire des 128 patriotes assassinés par les forces d’occupation allemandes sur le terrain militaire de chante-loup au cours de la seconde guerre mondiale.

Poème écrit par le commandant TASSEL en hommage à son compagnon de cellule exécuté à Biard le 3 septembre 1943.

Gilles JAMAIN,

Vous voilà donc parti, grand gars aux cheveux roux.
Après le jugement, vous avez disparu.
Vous nous avez quitté, hélas ! pour aller où ?
Et vous n’êtes plus là, pas même revenu.

Nous n’oublierons jamais, Gilles, votre faconde,
Nous garderons de vous un souvenir parfait,
Car si votre parler n’était pas du grand monde
Votre conversation avait assez d’attraits.

Car si les mots d’argot vous écorchaient la bouche
Vous aviez la jeunesse qui excuse cela.
Et vous aviez surtout l’insouciance qui touche
Ceux qui se trouvent, hélas ! plus près de l’au-delà.

Vous m’avez dit un jour, à moi le confident
Que vous étiez tout prêt à faire front au Destin
Et que s’il le fallait, vous mourriez bravement
Le jour où vous iriez, à Biard, le matin !