Buxerolles

 Sortir des ornières de l’histoire
Étrange paradoxe que celui de Buxerolles, troisième ville du département de la Vienne derrière Poitiers ancienne capitale régionale et ses 90 179 habitants ou  Châtellerault (35 000 hab). Buxerolles qui aura vu sa population multipliée par 40 en à peine plus de deux siècles.

Étrange paradoxe en effet que celui de cette ancienne bourgade de 254 hab en 1787 (+ de 10 200 aujourd’hui) qui, bien que tirant son nom du buis (buxus en latin) et des vignes qui couraient autrefois sur ses coteaux ; semble vouloir  tout faire pour se fondre chaque jour un peu plus dans l’environnement péri-urbain de Poitiers. Au point de paraître n’en être plus qu’un simple  faubourg.

Dieu sait pourtant que la commune ne manque pas d’intérêt.

Les première traces d’occupation humaine  de ses 910 hectares apparaissent en 2400 avant notre ère;  sur le plateau, non loin de la zone d’activité économique dite du « pas de st Jacques ». Un site  ainsi nommé en référence à l’empreinte de pas que le saint homme aurait laissé de son présumé passage sur une pierre toujours visible aujourd’hui. Une nécropole composée de 6 tombes découvertes non loin de là, ainsi que les restes plus récents (1800-1400 avant J.C.) d’une ferme, de silos, d’un four, un métier à tisser, des pièces de céramique, des ossements d’animaux… finissant de dresser l’intérêt et  le portrait historique de la commune. 

Bien que situé sur le tracé de la via Turonensis, voie romaine reliant Tours à Bordeaux, le plateau semble déserté à partir du moyen age et n’être plus  fréquenté  que par quelques rares pèlerins se rendant à St Jacques de Compostelle.

Un abandon du plateau et de son relief accidenté qui se prolongera jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, au profit des bords de Clain jugés plus hospitaliers; du lieu-dit de Lessart notamment, situé  en contrebas où sont mentionnés des moulins dés 1077 et qui deviendra alors le véritable bourg.

Il faudra attendre la fin de la seconde guerre mondiale  pour voir la commune entrer dans une ère nouvelle avec l’aventure dite « des castors ». La naissance d’un premier quartier, prélude à la construction d’un véritable centre ville avec sa mairie, son église, ses logements sociaux,  ses commerces et équipements publics ( les 30 glorieuses et l’urbanisation à outrance qui verront la population passer de 1211 à près de 5 200 habitants en à peine trois décennies).

Les grandes heures du bétonnage à tout va, auxquelles viendront se substituer au début du XXI ème siècle une volonté de répondre  aux nouvelles aspirations d’administrés en quête d’identité et de repères.

Une prise de conscience qui conduira la municipalité (ici comme ailleurs) à revoir  sa copie ; à s’intéresser à la mise en valeur son patrimoine (architectural mais plus encore naturel) par la création de véritables circuits de randonnées et de découverte.