Croutelle

 Sortir des ornières de l’histoire
   
Enclavée en contrebas de  l’axe routiers le plus fréquenté du département de la Vienne, Croutelle fait aujourd’hui  figure de commune  atypique*  au sein de l’agglomération urbaine de grand Poitiers .

Marquée par la présence de nombreuses grottes et falaises sur son territoire, lesquelles auraient pu favoriser très tôt l’installation de populations et donner son nom à la commune : Cruptelloe (crypte) dans le sens ancien de grotte; Croutelle qui ne comptait guère plus d’une poignée d’habitants au lendemain de la révolution s’étend aujourd’hui sur 148 hectares et recense un peu plus de 850 habitants (les Coutellois).

Etroitement liée à la ferveur religieuse qui durant le XIIe et XIIIe siècle guidera les pèlerins sur les chemins de St Jacques de Compostelle, puis popularisée  au XVIe par François Rabelais, lequel parlera dans son récit sur la jeunesse de Gargantua du trait d’esprit des étudiants poitevins qui venaient puiser l’intelligence des belles-lettres à sa « fontaine caballine »**. La commune devra surtout sa réputation aux « Finesses »***  dites de Croutelle qui, de la renaissance au milieu du XVIIe siècle feront la richesse de ses artisans (…)

A voir, l’église St Barthélémy: – Profondément remaniée et présentée dans des proportions plus modestes que l’ancien Prieuré-cure du XIIe siècle dont elle dépendait, l’église paroissiale St Barthélémy mérite néanmoins le détour, ne serait-ce que pour sa cloche datant de 1623 classée monument historique et ses font baptismaux.

* Croutelle est aujourd’hui la plus petite commune de la Vienne (et se classe parmi les 200 plus petites de France sur + de 36 000).

** Un siècle après la création de l’Université de Poitiers, par le roi Charles VIII en 1431, François Rabelais s’arrête à Croutelle, pour boire à la « fontaine caballine ». Selon la tradition des étudiants de Poitiers allaient à chaque rentrée universitaire, y puiser l’intelligence des belles-lettres.

*** Objets d’art en buis et ivoire tournés, rehaussés de dorure, très prisés des cours européennes jusqu’à la révocation de l’Édit de Nantes. Révocation qui provoquera la dispersion des artisans protestants et la fermeture des ateliers.