La congrégation des Filles de la croix

Revoir le reportage de France 3 à l’occasion des journées du patrimoine 2016

La chapelle conventuelle

Construite entre 1868 et 1874 sur l’emplacement de l’ancien prieuré fontevriste du XII ème siècle dont il ne subsiste que peu de vestiges, la chapelle ‘‘ conventuelle ’’ à une capacité de 400 places assises environ (hors travées).

 

En y entrant, on est frappé par la hauteur des voûtes et le jeu de la lumière sur la pierre et les vitraux.

Traversant la Nef en franchissant la grille de chœur, en bois ouvragé, du XVIIème siècle, provenant de l’église des moniales, on ne peut qu’être impressionné par la majesté des lieux.

Dépassant par la gauche la chaire gothique en chêne ornementée des scènes du martyre de St André, de la remise des clés à St Pierre, de la mère de Jacques et Jean implorant pour ses fils ; de part et d’autre de l’autel sont installées, les châsses de Ste Jeanne-Elisabeth et St André-Hubert.

Si celle du bon Père, soutenue par six colonnes de marbre avec chapiteaux et base en bronze doré, reposant sur une mosaïque rouge et or, reste dans le style de la chapelle, celle de Ste Jeanne-Elisabeth qui consacra l’essentiel de sa fortune au rachat des terres fontevristes, plus récente , voit son fronton en émail bleu faire magnifiquement ressortir le calvaire en ivoire.

L’autel face au peuple est composé de deux parties anciennes, mais de styles différents. La table et les colonnettes sont de pur style Empire. Dessous se trouve le retable d’un autel Renaissance qui figurait dans un des bras du transept de l’ancienne église : au centre, Jésus, et de chaque côté : St Jean, St Roch, un abbé, une abbesse.

Si les principaux vitraux centrent leur intérêt sur le Christ et le Mystère de la Croix : le Sacré Cœur, la Vierge des Douleurs, St André ou dans la rosace, le Christ en croix et les Saints Fondateurs ; d’autres, ceux des collatéraux tout aussi remarquables, représentent ici une abbesse fontevriste, là St Pierre II évêque de Poitiers, ou encore, Ste Élisabeth de Hongrie, St Phèle et St Paul, Robert d’Arbrissel fondateur des Fontevristes, St Louis, Ste Radégonde, St Hubert.

En se retournant et en ayant face à soit toute la perspective de la chapelle, on ne peut qu’être admiratif devant la tribune surplombant le grille de chœur, qui porte l’orgue éclairé par une vaste rosace.

Bien que le cloître originel ait presque entièrement disparu, l’actuel datant de 1931, offre à la méditation et au repos. La cour centrale, qui se trouve sur l’emplacement de l’ancien cimetière fontevriste, est aménagée d’un bassin qui recevait l’eau de la fontaine aux Dames pour alimenter la partie inférieure des bâtiments. On peut aussi voir, dans l’enceinte de la congrégation la petite maison où vivait André-Hubert Fournet et la cellule de Ste Élisabeth.

Les origines de la congrégation

André Hubert Fournet , humble curé de St Pierre de Maillé ayant refusé au péril de sa vie de se soumettre à la Constitution Civile du Clergé au lendemain de la révolution Française, et exerçant dés lors son ministère dans la clandestinité, c’est dans une grange, dite des «Marsillys», aujourd’hui disparue mais dont subsiste encore quelques témoignages architecturaux, qu’aura lieu sa première rencontre avec Jeanne Elisabeth Bichier des Ages.

Une première rencontre dont on peut dire qu’elle sera à l’origine des premières Filles de la Croix.

Nous sommes alors en 1797

Quelques années plus tard, lorsqu’elle apprend la vie religieuse à Poitiers, elle reçoit cet appel pressant du Père André Hubert qui sera à l’origine de la congrégation :

« A quoi pensez-vous? Il y a ici des enfants qui ne connaissent pas les premiers principes de la religion et qui n’ont personne pour les instruire ! des malades ! Venez !».