Entre le mythe et la réalité

 

La légende veut qu’arrivant de Paizay-le-sec où lui aurait été refusé de quoi étancher sa soif, Martin ait accompli à la Puye l’un de ses tous premiers miracles ; faire jaillir des sources de toutes parts afin de remercier les habitants de leur hospitalité. S’il peut être admis que Martin devenu saint n’eût peut-être pas cautionné l’ensemble des miracles qui lui ont été attribués (…) ; que celui de La Puye ait pu être facilité par la déclivité du sol qui amène naturellement les eaux de Paizay-le-sec vers la commune par le grand étang. Force est de constater que l’histoire de La Puye reste étroitement liée à la présence de ses multiples sources et fontaines aux eaux de qualité comparable à celles de sa toute proche voisine, la station thermale de la Roche Posay.

Mentionnée dés l’an 800 par les moines de l’abbaye de St Cyprien, la fontaine dite de « St Bonifet» en est l’un des plus bel exemple. Elle qui, avant d’être captée sous un dôme supporté par 4 colonnettes aura longtemps été associée, jusqu’à la dévotion, au nom d’un ermite bienfaiteur.

De la légende (…) à le dévotion.

Fils d’un artisan de « pied griffé » -petit hameau des environs d’angles sur anglin-, désireux d’offrir à ses enfants une situation ; Bonifet et son frère Barthoumé auraient reçu de leur père un marteau à lancer le plus loin possible pour fixer le lieu de leur installation. Celui de Barthoumé alla se planter, nous apprend la légende, sur le roc abrupt de Mérigny dans le Berry, tandis que celui de son frère Bonifet se serait logé à la Puye, près de la fontaine qui depuis porterait son nom.

Chacun se voyant attribuer le lopin de terre correspondant et le pouvoir, pour Barthoumé de guérir les coliques rouges ; à Bonifet celui de calmer les fièvres paludéennes et de faire pleuvoir.

Bien que les pèlerinages aient aujourd’hui disparus, notons que l’on on venait encore jusqu’au milieu de XXe siècle prier chaque année à St Bonifet pour implorer la pluie – les fièvres paludéennes ayant disparu depuis belle lurette -. (…) dernier pèlerinage en date, pour tenter de renouer avec la tradition, celui de 1992, année de forte sécheresses.

Autre légende, autre lieu – la pierre aux Fadets –

Bien que n’offrant plus guère de refuge qu’à quelques perdreaux ou lièvres égarés, le site de la Pierre dite aux Fadets, tumulus abritant aujourd’hui encore une chambre sépulcrale, apparaît à son tour sujet à bien des légendes.

L’une d’elle, portée par le témoignage de quelques anciens qui auraient cru il n’y a pas si longtemps encore, avoir entendu les coups de battoirs de laveuses y retentir certaines nuits (…) voudrait qu’une famille de Fadets, petits hêtres espiègles et farceurs bien connus dans le Poitou, ait pu y élire domicile depuis quelques siècles déjà avant d’être contraints à la discrétion suite à la destruction et au pillage de leur habitat.

Toute légende reposant sur un fond de vérité, notons que des trois dolmens répertoriés sur le site depuis la nuit de temps (7.000 ans), seul ne subsiste aujourd’hui que la pierre aux Fadets (…) ; le second appelé « la maison des Fadettes » ayant été détruit par l’Administration des Ponts et Chaussées pour empierrer quelques chemins et le troisième communément appelé « le château », planté au milieu d’un champ labourable, aurait disparut au cour du XXe siècle, après avoir été profané et pillé.

Au ¾ enterré sous un tapis de branchages et de ronces; difficilement accessible le long de l’ancien chemin dit  » de Poitiers « , la Pierre aux Fadets est à ce jour l’un des deux seuls édifices classés monuments historiques sur le territoire de la commune.