Pouillé (86300)

 Sortir des ornières de l’histoire
 

Mentionnée pour la première fois vers la fin du XIe siècle par le Cartulaire de l’abbaye Saint-Cyprien de Poitiers, la commune pourrait trouver ses origines bien plus tôt ; vers le Ve siècle de notre ère. En témoigne l’un des bas reliefs du VIe siècle, succession de sculptures posées sur la façade de l’église représentant l’arbre de vie du paradis.

Une église du XIIe (ou XIIIe siècle), construite à l’image de cette commune de 637 habitants. Discrète de par sa taille et atypique avec son imposant clocher reposant sur quatre piliers séparant la nef gothique (et sa voûte en ogive), du chœur.

Une église et une commune de 13,96km2 qui auront su traverser les ages pour inscrire leur nom au bas de quelques belles pages de l’histoire locale.

Rattachée à l’abbaye de la trinité* comme semble vouloir nous le confirmer une bulle du Pape Calixte II (1050-1124). Profondément touchée par les guerres de religion et les épidémies au XIV et XVe siècle, Pouillé pourrait valoir son existence à l’important réseau routier mit en place à travers toute la Gaule au 1er siècle de notre ère.

Au tracé qui permettait notamment autrefois de relier la cité Gallo-Romaine de Vieux-Poitiers à celle de Civaux ; et aux nombreuses villae installées de part et d’autres, telle celle dite de la Croix d’Asnières ** dont les ruines semblent par la suite avoir été utilisées comme cimetière entre le Ve et  Xe siècle.

Située à 6km de la cité médiévale de chauvigny, le territoire de la commune s’offre à la découverte le long de ses sentiers balisés, prélude à une incontournable visite du musée de la seconde guerre mondiale de Tercé.

Un instant de partage, de mémoire et de souvenir aussi, sur les pas de ses « héros ordinaires » qui dans le sillage de Mme Maïti à Bonnes, s’engageront dans la résistance pour faire passer vers la zone libre, par la ligne de démarcation qui coupait alors le village en deux, nombre de victimes de la répression nazie et de clandestins.

  • *Abbaye Bénédictine fondée vers 936 à Poitiers, par Adèle de Normandie, épouse du comte de Poitou. Fondation confirmée par le roi Lothaire en 963.
  • ** Vestiges d’une ferme gallo-romaine mise en lumière par la Société de Recherches Archéologiques de Chauvigny, composée de deux bâtiments du Ier siècle et d’un troisième probablement daté du IIIe ou IVe siècle.