Saint-Julien l’Ars

Sortir des ornières de l’histoire
Avec un territoire courant sur près de 1850 hectares et une population 8 fois supérieure à celle de la bourgade agricole qu’elle était au début du XIXe, Saint Julien l’Ars passe pour avoir résolument tourné le dos à son passé et entrer de plain-pied dans le cercle élargi des communes péri-urbaines de grand Poitiers.

Associée au XIXe siècle à Savigny Lévescault, puis au XXe à la communauté de communes de Vienne et Moulière ; Saint Julien l’Ars semble privilégier depuis le début du XXIe siècle, sa proximité avec le CHU, l’université et les grandes administrations poitevines ; au détriment peut-être du bien-être de ses habitants, de la préservation de son identité ou de la sauvegarde de son patrimoine.

S’étant vu refuser, malgré les recours, le droit d’installer à proximité de l’ancienne voie romaine, un parc de 5 à 7 éoliennes hautes comme des immeubles de 50 étages ; Saint Julien l’Ars passe pour être aujourd’hui devenu le paradis des promoteurs, maîtres d’œuvres, bâtisseurs et autres bétonneurs, avec pas moins d’une bonne demi-douzaine de lotissements, dont ceux de la vieille vigne (47 lots ), la Roche (23 lots), ou le Bois du Moulin (56 lots).

Une image par certains aspects désastreuse, qui pourrait bien valoir à la commune le qualificatif de cité-dortoir si rien ne devait être fait dans les actes pour valoriser son patrimoine naturel, historique ou architectural.

Avec quelques traces difficilement visibles d’une « villae » gallo-romaines sur ses terres, et l’existence révélée d’un ancien cimetière mérovingien à proximité de son église (…). Patrimoine sans aucune mesure avec celui de « la ville aux cent clochers » ou de « la Cité médiévale » toutes proches ; Saint Julien l’Ars mérite malgré tout d’être mise en lumière, ne serait-ce que pour offrir aux nouveaux arrivant, la possibilité de découvrir quelques brides de l’histoire de leur commune de résidence.

Née de la division d’un vaste territoire courant de Saint Julien à de Nieuil l’Espoir ; territoire que les manuscrits des IXème et Xème siècles désignent sous le nom de « Cors Fagia ». La commune n’apparaît sous le toponyme Sancti Juliani parrocchia (paroisse de St Julien) qu’à la toute fin du XIe siècle. Ars (abréviation de Arus … brulé) ne venant compléter l’ensemble qu’en 1119 dans une charte du Pape Calixte II faisant référence à l’ Ecclesia Sancti Juliani Arsi (l’incendie de l’église de St Julien).

Outre l’église dite neuve du XIIe siècle relevée des ruines au XIXe, citons l’existence d’un château en cours de restauration. Manoir profondément remanié depuis du XIVe siècle dont le donjon est aujourd’hui classé au titre des monuments historiques.